Pignon

Pierre Fourcaud est le fils unique de Jean Fourcaud et de Jeanne Marche. Son père Jean, dit parfois Jean Fourcaud Cadet, a été marchand, avant de vivre du revenu de ses rentes et de ses propriétés.
Pierre est propriétaire du clos Pignon. Cette terre et ses vignobles (environ 12 ha) lui viennent de sa mère, Jeanne Marche, fille de Pierre Marche et de Marie Mathé, qui en a hérité en 1825 lors de la liquidation de la succession de ses parents. Il s’agit d’une propriété de la famille Marche, depuis longtemps installée à Juillac et ouvertement acquise à la Réforme.
Pierre Fourcaud est apparenté aux Fourcaud de Flaujague. C’est par lui qu’il y a un lien de famille avec les Boutitie du « Clos Fourcaud ».

En 1847, Pierre Fourcaud, qui a 37 ans, se fiance à une jeune Bordelaise de 23 ans, Cassilde Ménier, fille d’un maître de chai, protestante comme lui.
Dans leur contrat de mariage, il est bien spécifié que la propriété viticole de Pignon, qu’il apporte dans les biens communs du ménage doit revenir, au cas où ils n’auraient pas d’enfant, à sa femme ou aux héritiers de celle-ci. C’est ce qui est prévu, s’il venait à mourir avant elle. Cependant, dans le même cas de figure, si elle décédait avant lui, il jouirait de l’usufruit de la totalité des acquêts.
C’est effectivement ce qui advient. Pierre et Cassilde n’ont pas la joie d’avoir des enfants. Cassilde meurt après 23 ans de vie commune à Pignon, sur la commune de Juillac. Dans son testament olographe daté du 3 novembre 1865, à Juillac, elle institue ses héritières, ses deux sœurs restées célibataires, Amélie et Anna.
Pierre, resté usufruitier de Pignon, décède à son tour en 1885. Il est enterré dans le petit cimetière privé qui se trouve sur la propriété, dans le petit bois de chênes. Cet enclos, situé à la limite du plateau, et déjà sur le ban communal de Flaujague, accueillera aussi, bien des années plus tard, Colette Franc de Ferrière et ses deux parents, Yann et Paulette.

Comme Anna Ménier est célibataire, elle lègue Pignon dont elle a la pleine propriété depuis la mort de Pierre, à son neveu, Georges Franc de Ferrière, fils de sa petite sœur Mathilde Ménier.
C’est ainsi que cette propriété entre dans la famille Ferrière en 1894.


110 ans de « Pignon - Franc de Ferrière » et les 100 ans de sa rénovation en 1904
par Jean Franc de Ferrière

Pignon avant la tempête de 1999

Le nom de cette propriété est fort ancien puisqu’il apparaît sur les plus anciennes cartes d’État-Major. Il est certainement lié à la présence traditionnelle des grands « Pins Pignons »qui se trouvent au bord du plateau, en haut du vallon de Fond Vidal et que l’on peut voir de fort loin depuis la vallée de la Dordogne.
On appelle toujours dans la région les pins parasol ou pins pignon, les « .pins des protestants ». A l’époque où les luttes entre protestants et catholiques faisaient rage, surtout pendant les guerres de la deuxième moitié du XVIe siècle puis au XVIIe siècle lors de la révocation de l’Édit de Nantes (1685), dans notre région de la vallée de la Dordogne, ces grands pins parasol, marquaient les propriétés protestantes où un huguenot pourchassé pouvait toujours espérer trouver refuge.

Pignon est donc une très ancienne propriété protestante. Les protestants ne pouvaient pas être enterrés dans les cimetières catholiques qui se trouvaient toujours autour des églises. Ile étaient donc enterrés sur leurs terres. Pignon a son cimetière dans le bois de Malacousse. Il est relativement récent mais ces tombes étaient autrefois fort simples. C’est ainsi qu’à Pignon, on trouve deux petites pierres levées, sous les grands pins de Fond Vidal, qui marquent la tombe vraisemblablement d’un « Fourcaud », peut-être l’avant dernier propriétaire portant ce nom ?

En effet, le dernier propriétaire de ce nom fut : Pierre Fourcaud * , né à Juillac en 1810, sans doute à Pignon. Il avait épousé le 24 Juin 1847 Jeanne Casdille Ménier 17/25b, née en 1824, fille d’un négociant en vin de Bordeaux, Jean Ménier 34/50. Elle décéda à Pignon le 31 Octobre 1870. Pierre Fourcaud lui survécu et il mourut à Gensac le 24 Mai 1885. Ils n’avaient pas eu d’enfants et ils léguèrent la propriété de Pignon à la sœur de Jeanne Ménier, Anna Ménier 17/25c, née en 1824 et restée célibataire. Elle décéda en 1894.

Pignon en 2004

Notre aïeul, Jacques Franc de Ferrière, (1825-1885) avait épousé le 22 Février 1853, une autre fille de Jean Ménier, Jeanne-Mathilde, née en 1829, et ils avaient eu trois enfants dont Jean-Jacques Georges Franc de Ferrière, né à Pomport le 26 Septembre 1857, qui est mon grand-père.

A son décès, le 23 Mai 1894, Anna Ménier légua Pignon à son neveu Georges Franc de Ferrière. Depuis cette date, la propriété de Pignon qui fut toujours une propriété de famille, est une propriété Franc de Ferrière et elle fait toujours honneur à la famille. Lors du décès de Georges en 1914, Pignon fut transmis à son fils Jean-Jacques, dit.Yann qui n’avait alors que 16 ans.
Il en prit grand soin jusqu’à sa mort en 1989. J’en héritais et maintint la tradition familiale.
En 1991, dans le cadre d’une donation partage entre ses enfants, j’ai donné la nue-propriété de Pignon à mon fils Marc en en conservant pour moi-même l’usufruit.

Pignon est bien Franc de Ferrière depuis 110 ans.


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